Elle arrive sur nos routes, la troisième génération de l’Audi RS 3 Sportback version 2021. La compacte musclée de la marque aux 4 anneaux se trouve sous nos yeux, j’ai les mains posées sur son volant et je n’attends plus que vous pour démarrer le mythique moteur 5 cylindres. Accrochez-vous car nous allons sur les routes du Mont Ventoux, découvrir la RS 3 la plus amusante jamais construite. On s’arrêtera sur la route pour analyser les nombreuses évolutions stylistiques, technologiques ou ergonomiques dont dispose ce véhicule de la gamme RS. D’ailleurs il faudra lire ce test jusqu’à la fin pour y découvrir la grosse surprise concoctée par les ingénieurs Audi Sport. Atelier glisse en vue…

Le contexte
C’est par un beau soleil du sud que nous sommes accueillis à la gare TGV d’Aix-en-Provence. Aussitôt descendus du train, nous prenons la direction du parking pour y découvrir une belle palette de couleurs enrobant les véhicules mis à disposition des journalistes. Blanc glacier, rouge tango, vert kialami ou bleu turbo en version Sportback ou Berline. Avec l’ami Thomas, nous jetons notre dévolu sur une version Sportback bleu turbo pour assortir cette dernière au beau ciel bleu annoncé dans la journée.

La plus belle calandre Audi Sport
Arrêtons-nous de suite sur l’avant du véhicule qui en apparence semble avoir été la partie la plus retravaillée d’un point de vue esthétique. La calandre singleframe de cette nouvelle Audi RS 3 Sportback a totalement été redessinée et élargie jusqu’aux aérations du bouclier avant. L’entourage en noir brillant de cette dernière contribue grandement à renforcer son caractère sportif. Ajoutez à cela une signature lumineuse Matrix LED spécifique avec des petits damiers, une structure élargie au dessus des roues et vous avez visuellement la plus aboutie des faces avant de la gamme Audi Sport. Pour les adeptes des signatures lumineuses, sachez que lorsque vous ouvrez l’Audi RS 3, elle vous accueille avec une animation faisant défiler le R,S puis 3. Un clin d’oeil totalement inutile mais tellement indispensable.

Des épaules plus musclées
Le profil de l’Audi RS 3 Sportback est moins spectaculaire que l’avant. Néanmoins avec ce point de vue, nous pouvons distinguer deux nouveautés majeures par rapport à la précédente génération. La première concerne les belles jantes 19 pouces que nous avons sur cette version d’essai. Nom de code de cette option « Jantes style à 5 branches en Y, noir avec impression graphique » En effet, un liseret aluminium est disposé sur certaines parties du contour de la jante lui donnant un charme supplémentaire. La seconde concerne l’élargissement des ailes avant qui donne lieu à l’apparition d’une sortie d’air en saillie derrière les passages de roue. Un élément de design très racing apportant au 3/4 arrière de cette Audi RS 3 un atout supplémentaire.

Un freinage renforcé
Arrêtons-nous deux minutes sous les larges ailes avant de cette nouvelle Audi RS 3. Pourquoi ? Car sous ces jantes 19 pouces, Audi a oeuvré à améliorer son système de freinage. Même si les plus pointilleux auront toujours le choix de cocher l’option « freinage céramique » plus léger de 10 kg. Cette troisième génération RS 3 embarque de série un système de freinage en acier plus grand, plus efficace et plus endurant. À l’avant les freins acier percés et ventilés mesurent 375 x 36 mm. Tandis qu’à l’arrière, ils sont uniquement ventilés et plus petits. (310 x 22 mm). Néanmoins avec quelques apports d’air sur le système, le constructeur annonce un temps de refroidissement 20% plus rapide qu’auparavant. L’ultime amélioration concerne les plaquettes de frein. Théoriquement, elles devraient être plus endurantes car elles sont plus grandes et désormais sans cuivre.

Un arrière assumé
L’utilisation de ce titre peut surprendre, mais vous allez vite comprendre. Sur les deux précédentes générations RS 3, on distinguait le modèle Audi Sport grâce à la double sortie d’échappement et au discret diffuseur arrière. Aujourd’hui, l’Audi RS 3 dispose d’un pare-choc arrière spécifique reprenant les codes stylistiques de la Singleframe et un large diffuseur intégrant les deux sorties ovales du système d’échappement RS. Autrement dit, le modèle est désormais reconnaissable dès le premier coup d’oeil.

L’habitacle et l’intérieur.
L’intérieur de notre nouvelle Audi RS 3 d’essai ne dispose pas du nouveau pack design RS disponible en rouge ou vert. Cette option disponible au catalogue permettra de colorer les épaulements de sièges, les bouches d’aération et repère à 12h du volant à méplat. Ici nous sommes dans une configuration beaucoup plus sobre et rien ne semble différer d’une Audi A3 classique, si ce n’est cette magnifique sellerie cuir nappa avec ces surpiqûres en losange, la broderie RS et le seuil de porte RS 3.

De la place à l’arrière ?
Oui il y a toujours de la place pour 5 personnes. Et comme d’habitude, le 5ème passager devra s’armer de patience et avoir le coeur bien accroché si vous faites un long trajet sur routes sinueuses. Il pourra d’ailleurs recharger son portable sur l’une des deux prises usb-c disponibles à l’arrière. Pendant ce temps là, le conducteur lui sera aux anges et ne verra pas le temps passer…

Prenez place
Une fois confortablement installé derrière le volant 3 branches, l’envie d’appuyer sur le bouton « Start » se fait sentir. C’est ce que je m’empresse de faire pour mettre le véhicule à température. Le temps pour moi de découvrir le nouveau design du tachymètre de l’Audi virtual cockpit. D’ailleurs j’étais plus habitué à regarder vers le haut, plutôt que vers le bas afin d’optimiser mon passage de vitesse. Mais c’est un détail puisqu’il est possible de configurer ce dernier. Les doigts arrivent sur les palettes désormais en zinc poli pour offrir une meilleure prise en main.

Enfin sur votre droite se trouve l’écran tactile 10,1 pouces toujours aussi bien intégré à la planche de bord qui répondra au doigt et à la voix en fonction de vos envies. Une fois dans le configurateur « Audi drive select », vous remarquerez l’apparition de deux nouveaux modes. Le mode « efficiency » pour travailler votre éco-conduite et le mode « RS torque rear ». Nous reviendrons sur ce dernier à la fin de l’article car il mérite un paragraphe à lui tout seul.

Le moteur
C’est la pièce maîtresse de cette voiture et il est toujours là ce mythique moteur 5 cylindres. Le 2,5 litres TFSI délivre toujours 400 chevaux, son couple a été amélioré pointant désormais à 500 Nm et la boîte de vitesse S tronic 7 rapports spécifique au modèle transmet la puissance aux 4 roues. Résultat des courses, Audi annonce le 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Une sacrée performance pour une compacte. Nous aurons la chance de faire quelques départs arrêtés pour constater qu’effectivement, ça pousse vraiment très, très fort ! Par contre, pas le temps de déclencher le chronomètre pour contrôler les dires du constructeur et pas de circuit pour constater la vitesse maximum de 250 km/h. (290 km/h avec le pack RS dynamic).

Néanmoins nous avons profité à fond du son généré par ce moteur. Dans cette période où nous avons beaucoup de modèles électriques à essayer, il est indéniable que le son émanant d’un véhicule contribue au plaisir de conduite. Et quoi de mieux qu’un phénoménal 5 cylindres pour nous le rappeler.

Quelques ajustements
Les normes sonores ont réussit à rattraper cette nouvelle RS 3. Dorénavant le démarrage du véhicule se fera avec les clapets fermés pour le bien-être de vos voisins. Le rupteur est toujours bloqué à 3000 tr/min au point mort pour vous faire économiser de l’essence et désormais à la décélération il n’y a plus de retour d’échappement lorsque l’on tombe une vitesse. Certains préfèreront l’ancienne rien que pour ça, mais perso je préfère cette version légèrement plus discrète. Oui, c’est léger car à part ces trois points, la sonorité est omniprésente et reconnaissable dès les premières notes.

Le comportement routier en mode confort…
Grâce à la suspension pilotée disponible en option, le véhicule peut se rendre moelleux si vous enclenchez le mode confort. Tandis qu’avec le nouveau mode efficiency, la consommation annoncée de 8,5 litres aux 100 km semble très raisonnable pour un monstre de 400 chevaux. Une mini-prouesse… L’histoire fera que nous ne testerons jamais ces deux modes durant notre essai.

En mode RS…
Les organisateurs ont eu la bonne idée de nous faire essayer cette nouvelle Audi RS 3 sur les routes du Mont-Ventoux. Il s’est avéré que c’est le terrain de jeu idéal pour cette voiture. Les routes étaient désertes, et même si nous étions de temps en temps à 85 km/h le plaisir d’enrouler les virages était bien présent. On ressent vraiment à ce moment précis une voiture un peu plus agile, plus équilibrée et plus facile à placer dans les virages.

Petit détail surprenant sur le rayon de braquage au moment de faire demi-tour pour réengager un tour de manège. Il me faudra 5 manoeuvres pour réaliser un demi-tour complet, alors que je m’attendais à n’en faire 3.

Et en mode dynamique
C’est reparti pour monter du Mont-Ventoux afin de profiter une dernière fois du doux son mélodieux de ce 5 cylindres. Mode dynamique activé, passage des vitesses aux palettes et on appuie sur l’accélérateur. Les courbes s’enchaînent toujours aussi facilement. La voiture dispose tellement de couple qu’il est possible de se faire plaisir avec les vitesses 2, 3 et rarement 4 sur ce parcours. Et lorsqu’arrive une belle épingle, gros freinage terriblement efficace, braquage du volant à droite en laissant un régime moteur suffisant pour mieux repartir en sortie. Quelques minutes après nous arrivons déjà sur les piquets jaune et noir signifiant l’approche du sommet. Trois virages plus loin, c’est déjà la fin. Après quelques photos tout en haut, nous jetons un oeil sur la consommation et le virtual cockpit nous affiche 13 l/100km depuis notre départ. Autant vous dire que c’est plus que raisonnable au vu de la conduite beaucoup trop sportive de cette journée.

RS torque rear activé !
Le lendemain matin, nous avons eu la chance d’aller sur une piste privée afin d’essayer la principale nouveauté. En effet cette nouvelle Audi RS 3 est capable de glisser de l’arrière. Difficile à imaginer il y a quelques années, ce mode RS torque rear permet via deux embrayages sur l’essieu arrière d’envoyer 50% du couple à la roue arrière droite ou gauche. Et non pas 100% du couple, car l’Audi RS 3 reste une quattro et il y aura toujours 50% du couple sur les roues avant.

J’avoue ne pas être super à l’aise lorsqu’il s’agit de faire glisser une voiture. Certains sont doués pour ça, moi j’en suis encore à mes premiers dérapages ! Bref, je suis les instructions de l’instructeur et à l’approche du cône, je braque et j’appuie franchement sur l’accélérateur ! Résultat, ça part direct en tête à queue car j’ai appuyé trop fort ! Seconde tentative, le cône arrive, je braque de nouveau, j’appuie sur l’accélérateur mais pas trop, et là ça part en glissade que j’essaie de contrôler. Je l’ai contrôlé trois secondes et ça repart en tête à queue. Avec un dernier essai, la glissade est en progression et c’est satisfaisant. Force est de constater qu’il est désormais possible de faire glisser une Audi avec un système quattro.

C’est une fonctionnalité assez fun et je suis curieux de connaître votre avis sur cette nouveauté dans les commentaires. Pour la petite histoire le conducteur souhaitant drifter devra signer une décharge électronique à chaque utilisation du système. Les futurs propriétaires de cette nouvelle Audi RS 3 oseront-il l’expérience ? J’aimerais bien votre point de vue aussi.

Conclusion.
Cette nouvelle Audi RS 3 Sportback est la digne héritière du 5 cylindres Audi qui dure depuis 1976. Compacte, performante et plus agile, elle est à ce stade au sommet de sa réputation. Un ovni à 5 cylindres se nourrissant exclusivement d’énergie fossile 98 procurant des sensations en voie d’extinction. Un mythe qui sera upgradé d’électricité dans sa prochaine version. Hâte de découvrir quelle surprise les ingénieurs Audi Sport nous révèleront pour la suite de l’histoire.

On aime :
– Mélodie inimitable du 5 cylindres
– L’agilité de cette 3ème génération
– Le freinage acier renforcé et endurant

On aime moins :
– Les 19 000 euros de malus 2021 à ajouter
– Les 23 000 euros de malus 2022 à ajouter

Le prix :
À partir de 69 300 euros pour la version RS 3 Sportback et à partir de 70 700 euros pour la version RS 3 Berline. Notre version d’essai était affiché à 89 490 euros et disposait de 20 190 euros d’options.

Les remerciements :
Merci à Audi France pour ces deux jours au volant de cette nouvelle Audi RS 3. Plus d’informations sur le véhicule ici

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