Essai Volkswagen Transporter : un utilitaire qui donne envie de prendre la route

Volkswagen Transporter

À peine les portes de l’avion franchies, l’aventure commence déjà. Sur le parking de l’aéroport de Séville, une partie de la gamme Volkswagen nous attend sagement alignée sous un ciel étonnamment gris pour l’Andalousie. Une vision presque surréaliste pour tout passionné d’automobile : du nouveau Transporter à la toute récente Golf GTI 50, en passant par les Passat, T-Roc, Polo et autres modèles emblématiques de la marque allemande.

VW Transporter back

Le grand écart est saisissant. D’un côté, un utilitaire pensé pour les professionnels et les grands voyageurs. De l’autre, une compacte sportive célébrant un demi-siècle de performances. Et comme un clin d’œil du destin, ce sont précisément ces deux véhicules que je vais avoir l’occasion de découvrir au cours de ce roadtrip entre l’Espagne et le Portugal. Pour l’heure, c’est le Volkswagen Transporter qui m’attend. Sac à dos jeté dans la cabine, porte claquée, contact. Le quatre-cylindres s’éveille discrètement.

Les premiers kilomètres serpentent à travers la périphérie de Séville. Le trafic s’estompe peu à peu, remplacé par de longues lignes droites qui filent vers l’ouest. Derrière le large pare-brise du Transporter, les paysages défilent lentement. Le ciel reste couvert, presque mélancolique, offrant une lumière assez dure. Une atmosphère inattendue qui donne à cette première journée un parfum de voyage bien plus que d’essai automobile.

Rapidement, je me surprends à profiter de cette position de conduite surélevée qui offre un véritable panorama sur les paysages traversés. Les kilomètres s’enchaînent, les villages blancs apparaissent au loin, les champs ondulent sous le vent et la frontière portugaise se rapproche doucement.

Un design qui assume ses origines… parfois un peu trop

Arrêtons-nous dans un petit village andaloue qui doit compter 5 habitants pour parler du design. Cette nouvelle génération du Transporter marque une petite révolution puisqu’elle partage désormais sa base technique avec le Ford Transit Custom. Une parenté qui saute rapidement aux yeux. De profil ou à l’arrière, difficile de ne pas reconnaître les proportions du modèle de Ford. Volkswagen a toutefois cherché à préserver l’identité de son utilitaire grâce à une face avant spécifique, plus arrondie et plus douce dans ses lignes. Un choix esthétique qui ne fait pas totalement l’unanimité de mon côté. J’appréciais davantage le caractère plus anguleux et affirmé des précédents Transporter, là où cette nouvelle proue semble vouloir jouer la carte de la sympathie plutôt que celle de la robustesse.

VW Transporter profil

Notre modèle d’essai se distinguait néanmoins par une très élégante teinte Dark Indigo Blue qui met particulièrement bien en valeur les volumes du véhicule. Une couleur qui apporte une touche presque premium à cet utilitaire de plus de cinq mètres de long. Car malgré ses dimensions généreuses 5,05 mètres de longueur, 2,28 mètres de largeur rétroviseurs déployés et un peu plus de 2 mètres de hauteur pour cette version L1H1. Le Transporter conserve des proportions équilibrées et moins massives qu’on pourrait l’imaginer.

3/4 avant vw

Petit détail que seuls les plus observateurs remarqueront : Volkswagen a discrètement intégré la silhouette du Transporter dans le pare-brise. Une attention sympathique qui rappelle l’héritage de ce modèle emblématique. Comme souvent, le nouveau Transporter est d’ailleurs plus séduisant en vrai qu’en photo. Ses volumes, sa présence sur la route et certains détails de style prennent davantage de sens lorsqu’on le découvre au détour d’un parking ou sous la lumière changeante des routes andalouses.

Un habitacle pensé pour avaler les kilomètres

Une fois installé à bord, le nouveau Transporter marque de vrais points. La première chose qui saute aux yeux, c’est la quantité impressionnante de rangements disséminés dans l’habitacle. Bacs de portières généreux, espaces de stockage sur la planche de bord, porte-gobelets, compartiments divers : tout semble avoir été pensé pour faciliter la vie à bord, que l’on soit artisan, commercial ou simplement voyageur au long cours. Au fil de cette journée, j’ai rapidement pris mes marques tant l’ergonomie générale apparaît naturelle et bien étudiée.

volkswagen transporter habitacle

Face au conducteur, le volant multifonction tombe parfaitement sous les mains. Les commandes sont intuitives, l’instrumentation numérique lisible et l’écran central s’intègre harmonieusement dans l’ensemble. La position de conduite constitue sans doute l’un des grands points forts de ce Transporter. Haute, confortable et offrant une excellente visibilité sur la route, elle procure cette agréable sensation de dominer son environnement. Sur les longues portions autoroutières andalouses, c’est un vrai plaisir. On profite pleinement du paysage tout en conservant une excellente perception de ce qui se passe autour du véhicule.

Tout n’est pas parfait. Quand la pluie a commencé sur l’autoroute, j’ai voulu activer les essuie-glaces. Par réflexe, j’ai touché le commodo de droite. Or, il commande la boîte automatique.

Je me suis retrouvé au point mort en pleine circulation. J’ai dû me ranger sur la bande d’arrêt d’urgence pour repasser en mode Drive. Ce petit incident montre qu’un temps d’adaptation est nécessaire avec ces nouvelles commandes. Une fois l’habitude prise, le problème disparaît. Malgré cela, ce Transporter confirme son virage vers plus de confort et de modernité.

VW Transporter face avant

Des motorisations pour tous les usages

Sous son capot, le nouveau Transporter propose un large choix de moteurs. Volkswagen mise d’abord sur le diesel pour les gros rouleurs. Ce bloc d’origine Ford se décline en 110, 150 ou 170 ch. Selon la version, il s’associe à une boîte manuelle à six rapports ou automatique à huit rapports. Cette boîte automatique peut aussi recevoir la transmission intégrale 4Motion pour les utilisateurs exigeants. Cette dernière pouvant également être couplée à la transmission intégrale 4Motion pour les utilisateurs les plus exigeants.

Mais cette nouvelle génération marque aussi une évolution majeure avec l’arrivée de versions électrifiées. Pour la première fois, le Transporter sera disponible en hybride rechargeable ainsi qu’en version 100 % électrique. Une stratégie qui permet à Volkswagen de couvrir l’ensemble des usages.

vue paysage

Notre véhicule d’essai était animé par le 2.0 diesel de 150 ch associé à la boîte automatique (pas de DSG) à huit rapports. Un choix qui apparaît particulièrement pertinent pour un usage polyvalent. Suffisamment coupleux pour déplacer sans effort ce grand gabarit, il se montre également agréable sur les longs trajets autoroutiers. Les relances sont franches, les dépassements s’effectuent sereinement et la boîte automatique privilégie la douceur plutôt que la sportivité. Une philosophie parfaitement en accord avec la vocation voyageuse de ce Transporter, davantage conçu pour enchaîner les kilomètres dans le confort que pour rechercher les sensations fortes.

Au volant, un compagnon de route avant tout

Dès les premiers kilomètres, le nouveau Transporter est très facile à prendre en main. Son gabarit impose un peu d’attention, mais on s’y habitue vite. La position de conduite surélevée offre une excellente visibilité. On se sent tout de suite à l’aise au volant, avec la sensation rassurante de dominer la route.

Sur les longues portions reliant pour rejoindre le Portugal, le châssis inspire confiance. Le comportement est sain, rigoureux et prévisible, même lorsque le rythme s’accélère légèrement. Les suspensions m’ont semblé un peu fermes sur certaines dégradations de la chaussée, mais elles participent aussi à la bonne tenue de route de l’ensemble. Côté confort acoustique, on pourrait souhaiter une insonorisation un peu plus poussée, notamment à vitesse autoroutière. Les bruits de roulement et d’air restent bien présents. Gardons à l’esprit que l’on est au volant d’un utilitaire avant tout, et sur ce point le Transporter se défend plutôt honorablement.

VW Transporter

À bord, Volkswagen a également soigné les aspects pratiques du quotidien avec de nombreuses prises USB-C réparties dans l’habitacle. Un détail qui peut sembler anodin, mais qui devient vite indispensable lorsqu’on voyage avec un smartphone, un appareil photo, un ordinateur portable ou tout simplement plusieurs passagers.

VW Transporter

Alors non, ce Transporter n’est pas une bête de course. Les 150 ch de notre version suffisent largement à assurer des trajets sereins, mais l’objectif n’est clairement pas de rechercher les performances. Son terrain de prédilection, ce sont les longues distances, les routes qui s’étirent vers l’horizon et les paysages qui défilent derrière le vaste pare-brise. Et dans cet exercice, il excelle.

Verdict : un excellent voyageur, mais un Transporter différent

Au terme de cette première étape du roadtrip Family Volkswagen, le nouveau Transporter confirme ses nombreuses qualités. Confortable, moderne, pratique et agréable à conduire, il se révèle particulièrement à l’aise sur les longues distances. Sa position de conduite haute et sa polyvalence en font un véritable compagnon de voyage ou de travail.

Reste qu’en adoptant la plateforme et de nombreux éléments mécaniques du Ford Transit Custom, ce Transporter a perdu une partie de son identité. Objectivement plus abouti sur plusieurs aspects, il abandonne néanmoins ce petit supplément d’âme et cette avance qui lui permettaient jusqu’ici de se distinguer de la concurrence. Un excellent utilitaire, assurément, mais un Transporter devenu un peu moins unique.

Bonus : sur les routes d’Andalousie et du Portugal

Pour accompagner ce récit, vous retrouverez également la carte complète de notre itinéraire réalisé sur deux jours à travers l’Andalousie, l’Alentejo et la côte portugaise. Une belle occasion de découvrir des paysages variés, entre plaines agricoles, villages blancs et routes vallonnées offrant de superbes points de vue.


J’ai également eu l’occasion de passer une petite heure au volant de la Volkswagen Polo lors de cette première journée. Un changement d’ambiance radical après le Transporter ! Plus compacte, plus vive et parfaitement adaptée aux routes secondaires traversées durant le voyage, la citadine allemande s’est montrée particulièrement agréable à conduire. Vous retrouverez donc quelques clichés de cette Polo qui a brièvement partagé la vedette avec notre imposant compagnon de route du jour.