L’Andalousie en plein automne. Un décor brut. Des contrastes saisissants. Fin d’année dernière, j’ai pris les clés de la nouvelle Audi A5 Avant e-hybrid quattro de 367 ch pour un roadtrip de trois jours entre Malaga et Séville. Pour être totalement transparent avec vous : ce sujet dormait sagement dans mes archives. Je l’avais presque oublié. Pourtant, les souvenirs de ce voyage sont restés intacts. D’abord, il y a eu cette lumière. Entre deux averses, quelques rayons de soleil venaient soudainement frapper les célèbres villages blancs. Magnifique. Ensuite, le vent s’est invité à la fête, soufflant fort sur l’arrière-pays andalou. Un terrain de jeu parfait pour tester la stabilité de ce nouveau break dynamique.
Quitter la côte. S’enfoncer dans les terres. Enchaîner les virages au milieu des oliverailles. Entre efficience électrique et puissance pure, l’Audi A5 Avant s’est révélée être la compagne de voyage idéale. Attachez vos ceintures. Je vous emmène (enfin) avec moi pour ce « Rooooadtrip » sous le signe des quatre anneaux.

Audi A5 Avant : L’héritière d’un nom sacrifié
Ne vous méprenez pas sur son badge : si elle s’appelle désormais Audi A5 Avant, ce break est bel et bien le successeur direct de l’iconique Audi A4 Avant. Pour être honnête, ce changement de nomenclature laisse un goût amer. On tire un trait sur l’appellation « A4 », une lignée riche de 25 ans d’histoire et de succès mondiaux. C’est presque dommage de voir un nom aussi emblématique, qui a défini le segment des breaks premium depuis 1994, s’effacer pour une simple logique de catalogue. Pour moi, elle restera une A4 dans l’âme, peu importe le chiffre collé sur la malle arrière.
Pourtant, sous cette nouvelle identité, l’âme d’Ingolstadt résiste. Basée sur la nouvelle plateforme PPC (Premium Platform Combustion), cette Audi A5 Avant ne se contente pas de prendre la relève ; elle tente de faire oublier la perte de son chiffre fétiche en montant d’un cran. Plus sculpturale et technologique, elle assume son rôle de pilier de la gamme tout en embrassant une hybridation de pointe. Une façon, peut-être, de nous dire que si le nom change, l’excellence du break aux quatre anneaux, elle, reste immuable.

Design : L’équilibre parfait entre tradition et modernité
Esthétiquement, cette nouvelle Audi A5 Avant est une véritable réussite. Elle parvient à respecter les codes du break traditionnel Audi tout en affichant une silhouette nettement plus musclée et cohérente. Avec ses 4,83 mètres de long, elle impose une carrure athlétique, magnifiée sur mon modèle d’essai par la peinture Gris Daytona Nacré et le Pack Esthétique Noir.
Le regard est immédiatement capté par la face avant, mais c’est à l’arrière que le bond en avant est le plus flagrant. Contrairement à la double ligne de feux de certains modèles comme l’Audi Q3, que je trouve personnellement plus disgracieuse, l’A5 propose une signature lumineuse d’une finesse absolue. Les optiques arrière sont reliées par un bandeau continu d’une grande simplicité, offrant un rendu bien plus beau de mon point de vue.

Plusieurs détails spécifiques viennent parfaire cette robe « S line » :
- Les jantes Audi Sport de 19 pouces en noir métallisé (finition tournée brillante) qui remplissent parfaitement les passages de roues.
- Les étriers de frein rouges qui apportent une touche de sportivité bienvenue derrière les rayons.
- Le vitrage Privacy (vitres surteintées) qui souligne le dynamisme de la ligne de toit.
- Le toit panoramique en verre dont la transparence est activable ou désactivable, une prouesse technologique qui s’intègre parfaitement à la ligne sans la casser.



C’est, à mon sens, l’un des breaks les plus équilibrés du marché actuel : il est agressif juste ce qu’il faut, sans jamais perdre l’élégance sobre qui fait l’ADN des quatre anneaux. Let’s go pour le Rooooadtrip…
Premier contact : De l’agitation de Malaga à la sérénité de la Bobadilla
Le voyage débute sur le tarmac de l’aéroport de Malaga. À peine les bagages chargés dans le coffre de 361 litres, je m’installe au volant. La sortie de la zone aéroportuaire se fait dans un silence impérial, bercé par le mode 100% électrique. Mais très vite, l’Andalousie nous appelle. Nous quittons l’effervescence de la côte pour nous enfoncer dans les terres, direction l’Hôtel Finca La Bobadilla.
Le trajet est une invitation à la contemplation : les autoroutes rectilignes laissent place à des routes secondaires qui serpentent entre des collines d’oliviers à perte de vue. Le vent souffle fort aujourd’hui, secouant les palmiers, mais à l’intérieur de l’A5 Avant, l’ambiance est feutrée. C’est ici, sur ces premiers kilomètres entre ciel menaçant et trouées de lumière, que la magie opère. La direction est précise, le châssis sport rigoureux, et chaque relance des 367 ch nous propulse avec une fluidité déconcertante vers ce joyau caché de la province de Grenade. La Bobadilla se dessine enfin au loin, telle une oasis blanche au milieu des terres ocre. Premiers clichés avec le beau break !



Vie à bord : Le sens de l’accueil et de la rigueur
Une fois la lourde portière refermée, on pénètre dans un univers où la rigueur allemande rencontre un nouveau souffle de modernité. L’habitacle de cette Audi A5 Avant marque une rupture nette avec la génération précédente. L’assemblage est, comme toujours chez Audi, d’une précision chirurgicale. Aucun jeu, aucun craquement, même lorsque les routes de l’arrière-pays andalou se font plus cassantes.

Qualité des matériaux : un mix entre sportivité et durabilité
Dans cette version S line, l’ambiance est résolument sombre et technologique. On apprécie tout particulièrement le mélange des matières :
- La sellerie dinamica et cuir noir : Ce matériau microfibre, qui ressemble à de l’alcantara, offre un excellent maintien et une sensation de chaleur bienvenue sous la pluie battante de notre essai. Les surpiqûres gris acier viennent souligner le dessin des sièges sport.
- Les inserts en aluminium mat brossé : Ils courent le long de la planche de bord et des contre-portes, apportant cette touche métallique froide et qualitative typique de la marque.
- Le souci du détail : Le pédalier en acier inoxydable et les seuils de porte éclairés avec le monogramme « S » confirment que nous sommes dans un univers premium.


Espace et volumes : un break pour les voyageurs
Avec un empattement généreux, l’espace pour les passagers, tant à l’avant qu’à l’arrière, est excellent. On voyage à quatre sans aucune sensation de confinement, bien aidé par le toit panoramique en verre qui inonde l’habitacle de lumière, même quand le ciel espagnol se fait capricieux. Côté bagages, le volume de 361 litres peut sembler modeste pour un break de 4,83 m (la faute à l’implantation de la batterie de 25,9 kWh sous le plancher). Cependant, la forme du coffre est parfaitement rectangulaire et très exploitable. Pour notre roadtrip de trois jours, nos sacs ont trouvé leur place sans difficulté. Et si besoin, la banquette se rabat pour offrir jusqu’à 1 306 litres, transformant ce break élégant en véritable déménageur occasionnel.

On se sent immédiatement « bien » à l’intérieur : c’est un cocon protecteur, parfaitement insonorisé contre les sifflements du vent andalou, où chaque commande tombe naturellement sous la main.
Entre oliviers et pierres séculaires : le détour par Antequera
Le deuxième jour, nous quittons le havre de paix de la Finca La Bobadilla pour une étape qui me tenait particulièrement à cœur. Direction Arcos de la Frontera, mais pas par le chemin le plus direct. J’ai insisté pour faire un détour par Antequera, une cité que j’avais adorée lors d’un précédent voyage et que je brûlais de revoir.
Traverser cette ville blanche aux trente églises avec l’Audi A5 Avant est un régal. En mode tout électrique, la voiture se glisse sans un bruit dans les ruelles étroites, sous le regard curieux des habitants. Mais c’est en ressortant de la ville, face au spectaculaire rocher des Amoureux (Peña de los Enamorados), que l’Audi dévoile une autre facette. Sur ces routes de l’arrière-pays, le vent souffle en rafales, mais le système quattro et la gestion du couple (500 Nm) offrent une sérénité totale.




On enchaîne les courbes avec une agilité déconcertante pour un break de cette taille, avant de rejoindre la Finca la Fuensanta. Ce trajet, entre souvenirs personnels et efficience technologique, confirme une chose : cette nouvelle Audi A5 Avant est une formidable machine à voyager.
La scène numérique : Un voyage en haute définition
Le roadtrip prend une dimension futuriste dès que l’on active le contact. Face au conducteur, l’architecture E³ (architecture électronique « end-to-end ») déploie ce qu’Audi appelle sa « scène numérique ». On oublie les compteurs d’autrefois pour un ensemble d’écrans incurvés d’une finesse incroyable : le Panoramic Display regroupe le Virtual Cockpit et l’écran central MMI dans une dalle OLED magnifique.
L’expérience ne s’arrête pas là, surtout avec les options qui équipaient notre modèle :
- L’affichage tête haute : Il ne se contente plus de projeter la vitesse, mais gère désormais de nombreuses fonctions du véhicule, permettant de garder les yeux rivés sur les routes sinueuses de l’Andalousie.
- L’écran passager : C’est le petit « plus » qui change la donne pour le copilote. Grâce à un filtre de confidentialité, le passager peut gérer la navigation ou regarder un film sur son propre écran sans jamais distraire le conducteur.


- L’intelligence artificielle au bout des doigts : L’intégration de ChatGPT à l’assistant vocal permet d’interagir naturellement avec la voiture. Besoin d’une info sur l’histoire d’Antequera ou de trouver le meilleur point de vue sur le rocher des amoureux ? La voiture vous répond.
- Le son Bang & Olufsen 3D : C’est sans doute mon coup de cœur technologique. Ce système ne se contente pas de disperser des haut-parleurs dans l’habitacle. Il en intègre directement dans les appuie-têtes. Le résultat ? Une immersion sonore totale, une « bulle » acoustique qui rend les longues liaisons vers Séville incroyablement relaxantes.


Tout est fluide, réactif et surtout très bien intégré. On n’a pas l’impression d’avoir simplement posé des tablettes sur le tableau de bord, mais d’être aux commandes d’un cockpit technologique parfaitement pensé pour le grand tourisme.
Derrière le volant : L’équilibre entre sportivité et sérénité
Une fois en main, l’Audi A5 Avant dévoile un tempérament double. Le toucher de volant est typiquement Audi : léger à basse vitesse, mais d’une précision chirurgicale dès que le rythme s’accélère. On sent parfaitement le train avant s’inscrire dans les courbes andalouses. La direction est directe. Elle remonte juste ce qu’il faut d’informations pour se faire plaisir sans jamais devenir fatigante.

Côté châssis, le travail réalisé sur la plateforme PPC est remarquable. Malgré le poids des batteries, le break reste plat. Les mouvements de caisse sont maîtrisés, même dans les enchaînements rapides vers Antequera. Le châssis sport apporte une rigueur bienvenue sans jamais sacrifier le confort. On survole les imperfections de la route avec une onctuosité bluffante. C’est ferme, mais parfaitement filtré.

Enfin, parlons des reprises. Avec 500 Nm de couple, l’Audi A5 ne se pose pas de questions. On écrase la pédale et la poussée est instantanée, sans le moindre temps de réponse grâce à l’appui de l’électrique. Les dépassements deviennent une simple formalité. La boîte S tronic 7 rétrograde avec une réactivité sans faille. On a sous le pied une réserve de puissance rassurante qui transforme ce roadtrip en une expérience de conduite à la fois zen et musclée.

Séville : le défi des ruelles
Après le calme de la Finca, cap sur Séville. L’Audi A5 Avant survole l’autoroute avec une stabilité royale. Pourtant, l’arrivée au CoolRooms Palacio change la donne. Ici, pas de convoi possible. Le centre historique impose ses règles.



Se faufiler avec 4,83 mètres de carrosserie dans ces couloirs de pierre demande du doigté. Heureusement, les caméras à 360° sauvent la mise. Le mode électrique est alors un luxe : on glisse en silence sans déranger les riverains. Finalement, l’entrée du parking apparaît, millimétrée. Un vrai soulagement. Ce break sait tout faire : dévorer l’asphalte et dompter les labyrinthes urbains.
La carte de notre rooooadtrip durant 3 jours :

J’aime bien
- Le design extérieur : Une silhouette de break de chasse musclée, cohérente et équilibrée
- Le comportement dynamique : Un châssis sport rigoureux et un système quattro impérial
- Les performances du combo e-hybrid : 367 ch et 500 Nm qui offrent des relances efficaces
J’aime moins
- Le prix : Prix de base à partir de 75 650 euros. 94 306 euros pour la configuration essayée… :/
- Le changement de nom : Sacrifier l’appellation historique « A4 » pour une simple logique de nomenclature reste un pincement au cœur

Conclusion
Au terme de ces trois jours et de plusieurs centaines de kilomètres, le verdict tombe. Cette Audi A5 Avant e-hybrid n’est pas seulement un bel objet technologique. C’est une voyageuse accomplie. Elle a su dompter le vent andalou, les averses soudaines et les pièges urbains de Séville avec une aisance déconcertante.
Un immense merci aux équipes d’Audi France pour ce format de trois jours, un privilège devenu trop rare. Ce temps long est indispensable pour réellement apprécier les qualités routières du véhicule au-delà de la fiche technique. C’est aussi un bonheur pour la partie visuelle : j’ai pu multiplier les points de vue et jouer avec les lumières changeantes d’Andalousie, capturant chaque facette du design réussi de cette Audi A5, entre les gris profonds sous la pluie et l’éclat du Gris Daytona sous le soleil.
On oublie alors les débats sur la nomenclature pour ne retenir que l’essentiel. Le plaisir d’être sur la route. Si l’Audi A4 nous manque, l’Audi A5 Avant prouve qu’elle est une héritière plus que digne. Elle combine l’efficience de demain avec le dynamisme qui a fait la légende des breaks aux quatre anneaux. Une page se tourne, mais le voyage, lui, ne fait que commencer.













